Table compartimentée - suite-
Un mois s'est écoulé (ça passe très vite) et je reprends le cours de ce travail. Vous vous souvenez que je ne garde pas le support trop endommagé et que les assemblages du piétement sont à revoir. Donc je dois enlever le plateau et hop, la table se retrouve à l'envers,
pour que je procède méthodiquement à la désolidarisation du plateau et du piétement. Dans la plupart des cas, le plateau est toujours cloué au piétement et la désolidarisation est périlleuse. Il faut faire levier à des tas d'endroits, les clous sont souvent rouillés donc "collent" au bois, il faut prendre de multiples précautions pour ne pas abîmer la ceinture et c'est toujours un passage difficile.
Mais ceci fait, je peux envisager de restaurer les dés de raccordement (qui ont fissuré avec le temps), quelques tenons qui se sont cassés, pour recoller et cheviller la ceinture comme sur cette vue ici. 
Salut à vous tous qui me lisez
Autre volet et quelques vues qui illustrent la folle ambiance du chantier : 

... et je rince, rince chaque pièce qui vient d'être décollée, enduite de colle d'os; la colle d'os est visqueuse, et en première impression, on aurait tendance à se demander combien de temps résistera-t-elle à l'eau, mais non elle se solubilise bien finalement. J'ai hâte de vous montrer l'état du plateau après les nombreux décollages. Je termine. Encore quelques pièces... Celles-ci ne font pas plus de 3 ou 4 mm d'épaisseur et la spatule ou le tranchet peuvent vite entamer cette épaisseur et faire qu'au final, la pièce décollée laisse de la substance sur le support; cette pièce dédoublée ne sera plus "viable" pour rejoindre le puzzle.
VoiLà! La partie centrale et les deux abattants sont en pièces. Voyyezz un peu!
Le résultat est surprenant mais quelle satisfaction d'en être à ce stade!
En cette fin de semaine,
je poursuis mon récit autour, ou plutôt SUR la table compartimentée. Les nombreuses pièces sont vulnérables au décollage. Certaines sont encore comme arrimées et le décollage tourne en arrachage!
J'évolue, le travail aussi, ainsi que la manière dont je m'y prends, 
car jamais je n'avais eu pareille mission! C'est difficile et j'ai la tête dans le guidon et en oublie de prendre quelques vues.
Je découvre progressivement l'état du support, je veux parler du plateau sans les pièces, que j'avais jugé déformé ou vrillé avant de commencer le travail; je ressens qu'en enlevant les pièces celui-ci se redresse, se remet en forme... en fait ce support a travaillé en même temps que la colle des pièces, jusqu'à étirer les fibres du bois. Les propriétés de la colle d'os étant de se rétracter en milieu chaud, et de se dilater en milieu humide, la tenue des pièces a dû fluctuer (car cette table est restée longtemps dans un endroit non chauffé) jusqu'à rendre ce bois extrêmement fissible. 
Les pièces quant à elles n'ont pas subi ces fissurations mais le décollage a été fatal,
comme le montre la boîte de pièces à refaire.
Allez power! courage! plus que 48 pièces!
Introduction à la suite
Je reprends le cours du récit de la restauration, qui a, à plus d'une reprise fait appel à mon organisation. L'apprenante que j'étais n'a pas compris d'emblée la stricte nécessité d'établir (par écrit!) une fiche d'opérations avant d'empoigner quelconque outil; planifier, organiser et discerner toutes les étapes utiles à la bonne marche du projet de restauration, est INCONTOURNABLE pour ordonner les différentes phases de travail... et pour ne pas mettre la charrue avant les boeufs par exemple!!
Déposer toutes les pièces, certes, mais je vois qu'elles ne sont pas totalement identiques; par nature et essence, mon travail respecte l'existant et JE VEUX rendre la place initiale à chaque pièce, car la bonne forme du motif l'exige.
Donc place au calquage et traçage de toutes les lignes du motif,
sur un support où chaque case sera numérotée.
Je commence à décoller chaque pièce, en prenant soin de ne pas l'abîmer.
La colle employée est certainement de la colle d'os, réversible et qui se dilue à l'eau, donc je manipule tantôt l'éponge mouillée, tantôt la spatule et le maillet, pour décoller chaque pièce que je numérote et place sur mon calque.
Travail à la table compartimentée
On m'a donc sollicitée pour trouver une solution quant à l'état général d'une table ronde à abattants,
une table qui possède une multitude de pièces,
pièces faites dans différentes essences de bois,
jointes les unes aux autres, et qui constituent un motif aussi géométrique que symétrique.
L'étoile déjà parue se situe au centre de cette composition.
Je suis admirative du travail, de l'exercice; l'utilisation des différentes essences souligne le jeu du motif,
le motif se révélant davantage avec les reflets lorsqu'on change de point de vue. C'est le travail que j'ai sous les yeux qui me permet de trouver la force et l'opiniâtreté de restaurer ce que l'on me confie.
Toutes ces petites pièces sont encrassées par le temps, elle n'adhèrent plus parfaitement, le cadre et le support sont voilés et déformés.
Mon analyse progresse, évolue et s'incline devant la stricte nécessité de déposer toutes ces pièces.
Je vais devoir m'aventurer sous les apparences, voir de quoi est constitué l'ensemble (colle employée, indices d'ondes de coupes qui peuvent m'expliquer certaines choses...), en plus de revoir les assemblages du piétement qui faiblissent et rendent la fonctionnalité de la table risquée.
Une belle pièce que je prends sous mon aile, me réservant auprès du client des délais qui ignorent leur durée.
RestauratorWoman: Le retour
* * BoNjoUR * * à vOUs TouS qui mE renDez VIsite touJours AusSi noMbreuX 8 - )
Je suis ravie de revenir vous faire partager une nouvelle restauration.
Mes absences sont liées au travail que nécessitent ma nouvelle habitation et mon futur atelier
et qui sait, peut être qu'un jour je vous ferai part d'une expérience à la truelle et au couteau à enduire !.
Pour l'heure, je voudrais vous faire partager un travail qui m'a demandé pas mal de temps, de patience et de témérité,
et vous jugerez vous mêmes, pas mal de savoir-faire.









